jeudi 17 juin 2010

L'amitie au Japon

6 ans et j'ai toujours du mal a cerner le processus.
On sait que le Japon fonctionne par groupe, les amis font partie de ces groupes rarement de l'exterieur.
Petit recapitulatif de mes groupes et amities nipponnes.
A Osaka, les seuls contacts que j'ai garde sont des etudiants etrangers avec qui j'etais en cours ou dans le meme programme, et 2 japonais etudiants en francais.
A Miyazaki, mes amies sont mes anciennes eleves ou des participants etrangers au meme programme (JET) que moi.
A Tokyo, les francais du forum lejapon.org apres multitudes de rencontres, anciens JETs, ou ancien de la fac (meme cours de japonais que moi). 2 japonais: un ancien collegue de Jules et son epouse.
A Fukuoka, un ami japonais de Jules et une ancienne JET americaine.

C'est plutot light tout ca malgre mes 300 "amis" sur Facebook. (helas 0 sur Fukuoka)

De quel groupe fais-je partie en ce moment?
Le boulot? J'y comptais au debut, surtout avec des filles de mon age, mais il y a comme un probleme d'incompatibilite on dirait. On peut pas etre ami avec tout le monde hein!

Alors avec Jules, on essaye de sortir plus, participer au maximum au cafe des amis le vendredi soir a l'Institut franco-japonais avec des japonais parlant tres bien francais pour la majorite. Helas les fois ou nous y sommes alles, j'ai l'impression que des que la session se termine, tout le monde repart dans son monde. Jules a beau eu invite a manger une jolie infirmiere et moi, un grand suedois, ils avaient deja mange...

J'aimerais eviter les clubs de mamies a la gym du coin, ou les petites filles dans une ecole de danse. J'essaye de me rapprocher des francophones (ben oui, y a un besoin tout de meme des fois de passer une bonne soiree avec des personnes qui rigolent aux memes blagues, qui comprennent les references francaises etc...)
Y a encore du chemin.

Je ne developperais pas trop non plus sur ce que je pense sur la position sociale (dans l'entreprise). L'influence que ca a sur l'attirance des gens les uns envers les autres.
Mais pour faire simple, j'ai le sentiment que les gens s'interessaient beaucoup plus a ma petite personne lorsque j'avais le prefixe Sensei a mon nom (professeur). Bonne ou mauvaise chose, sans commentaire.

Pour eviter tout mal entendu sur ce blog, je precise que je ne suis pas en train de faire un melodrame "Je n'ai pas d'amis" mais une constatation du relationnel japonais: pas de groupe, peu de relation. Je dois me montrer patiente dans ma nouvelle vie a Fukuoka et prendre le temps de me creer un nouveau cercle d'amitie et de connaissance. Heureusement pour moi skype, et les mails existent pour rester en contact avec les amis de toujours helas loin, mais dommage que la teleportation n'existe pas encore car le besoin de soirees avec mes amis me manquent, ca c'est sur.

15 commentaires:

Raphi a dit…

J'habite a Kumamoto, j'ai ete une fois a l'institut franco-japonais et franchement c'etait la planete mars... Viens faire un tour au centre international de la ville de Kumamoto, tu verras, c'est autrement plus marrant. Demande Raph'

Nae-chan a dit…

Meme constat.
Souvent les rapports sont super amicaux ou de facade mais au final ya rien.

Ca me rassure d'un cote, c'est pas moi le pb et des Francais par chez moi ya pas trop et quand ce sont des expat bah ils appartiennent deja a un groupe car viennent pour le travail et souvent en famille.

Bilan 8 ans ici et 0 ami, trop bien et je commence severe a peter un boulon, T________T

Marie a dit…

Je n'ai pas du tout la même expérience, peut-être parce que je ne suis restée que 2 ans (à Tokyo), que j'étais en colocation avec deux japonaises très sympas et non pas en couple (si j'ai bien compris, vous êtes en couple avec un japonais donc peut-être que votre entourage considère que vous n'avez pas besoin d'être plus "intégrée"), que j'étais dans un labo de recherche (donc pas trop d'ambiance "boulot en entreprise") ... En tout cas je me suis fait plein de copains et même des vrais amis. Je continue à avoir des contacts amicaux et/ou professionnels avec une grande partie d'entre eux, je les revois quand je retourne au Japon ou s'ils passent en France. J'ai été au contraire étonnée par exemple dans mon cours de danse: 3 ans de cours réguliers à la fac en France et zéro contact. Après 2 mois à la fac à Tokyo, on me proposait déjà de participer à la création d'un spectacle en dehors du cadre du cours...

Marie a dit…
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Fujijana a dit…

Je savais qu'on allait mal me comprendre dans ce sujet.
Marie, je ne dis pas que faire des amis est difficile, je dis que si l'on n'est pas dans un groupe (comme toi en fac, ou en colocation, ou en labo de recherche) c'est quasi mort.
Exemple pour une femme au foyer qui n'a pas de relations pro, et qui ne participe a aucun club, il ne lui reste que le club des mamans. (nae-chan, c'est la que tu aurais le plus de chance, les autres mamans a la sortie de l'ecole).
Dans mon cas, je ne participe a rien d'autres qu'a mon boulot (ma faute) du coup mon seul groupe est mon bureau mais y a pas moyen ici.

La difficulte reside dans truver le groupe, et surtout prendre le temps (ce qui est mon probleme majeur en dehors du groupe "boulot")

C'est pas comme en France,avec l'excuse du couple, on les appelle pas car ils se suffisent. C'est pas la meme demarche. Pour cela, faudrait deja avoir des amis pour que ceux ci aient cette attitude. Donc la cause est en amont. Suis claire la?

C'est trouver son groupe qui est dur et creer le temps pour cela si le groupe qui prend la majorite du temps ne donne rien (boulot). on fait pas ou peu de rencontre au hasard ici, y a toujours un lien d'origine (ami commun, club commun)

Pavy a dit…

Pareil ici. J'ai reussis a me faire un super ami en 4 ans (un Francais), via le boulot, mais malheureusement je ne le vois pas assez souvent a mon gout. Au boulot il y a des personnes avec qui je m'entends tres bien mais pas facile d'organiser quelque chose en dehors des "fonctions obligatoire" (noikai, bonnenkai ...), ce qui serait plus cool.
Mais quand j'y pense ... en 36 ans en Belgique je me suis fait plein d'"amis" mais au final, apres mon depart pour le Japon, je n'en ai garde vraiment que 3 ou 4 avec qui j'entretiens toujours une tres bonne relation.
Un peu triste ...

maman huitre a dit…

pffuuuu pas facile tout ça, je comprends que tu ais envie de contact, c'est normal, avant sur la région parisienne je n'avais pas d'amis depuis que je me suis installée à la campagne et inscrite dans un club de sport je vois plein de monde et c'est très sympa

bon allez faut te motiver et trouver du temps pour faire une activité extérieure, je sais c'est facile à dire mais pas facile à faire

bises

Abdel a dit…

C'est aussi la faute au système japonais, ma copine a des amis mais comme tu le dis toujours appartenant a un groupe, les amis du lycée, de l'unif, du boulot, .... ya pas vraiment de vrai amis qu'on peut appelé quand on en a vraiment besoin ect.
Moi au Japon je m'en suis fait sur le net d'abord pas correspondance puis on s'est vu. Je sais c'est pas très cool comme rencontre mais les japonais derrière un écran d'ordi sont cool lol

Marie a dit…

Bah, j'ai l'impression que chacun a son expérience et que pour diverses raisons c'est très variable d'une personne à l'autre. Franchement, je ne trouve pas ça très simple non plus en France de rencontrer des gens "par hasard", hors d'un groupe surtout une fois qu'on travaille. Personnellement tous les copains et amis que j'ai ici ce sont des amis d'amis, des copains de lycée, de la danse, du boulot...mais la différence avec le Japon, c'est qu'ils se mélangent entre eux ^^ Enfin, je ne suis pas en train de dire que tout est rose au Japon, et que les relations y sont si simples, mais je n'ai pas trouvé que c'était finalement très différent de la France (en étant étrangère c'était même plus facile pour moi de rencontrer des gens).
En tous cas, bonne continuation à tous les expatriés!

Marie a dit…
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Flo a dit…

Je n'ai pu que hocher la tête du début à la fin de ton mail.
Je suis dans une situation trés similaire à Nae-chan ci-dessus, et effectivement, c'est trés frustrant et un peu fatigant à la longue.
Je crois aussi que ce qu'on attend d'une amitié est assez différent au Japon et en France.

tcha a dit…

Hum...l'amitié n'est pas chose facile car comme pas mal de choses précieuses elle se mérite!
Faut il aussi pouvoir avoir le temps de le démontrer!
Mon avis est quelque soit le pays voir la région ou l'on est c'est la même problématique. l'appartenance à un groupe ne fait pas tout. Il rapproche avec des points communs des concordances mais ce n'est pas de l'amitié c'est juste des relations superficielles.
L'amitié se mérite et aussi ce donne comme la confiance. Peux ton le faire plus difficilement au Japon? La culture sociale au Japon ne l'encourage pas mais comme je le pense c'est une question de personne, de ressenti vis à vis de l'autre quelque soit son origine ethnique ou culturelle

Peut être Jana devrais tu avoir plus de recul et moins de rentre dedans lorsque tu rencontres les gens histoire de ne pas trop les brusquer ?

Dr Schweitzer a dit…

Mon amitie je te l'offre. Et plus si affinite...

Fujijana a dit…

Tcha, tu m'as fait rire.
Comment faire peur a des gens que tu n'as jamais rencontre, comment merite une amitie de personne que tu ne connais pas ...hum laisse moi reflechir a tes doux conseils...

Marie comme tu dis, en France on se melange, pas au Japon, un groupe/club restera ferme et ne s'ouvrira pas aux autres. Alors si tu ne fais partie d'aucun de ces groupes, pas sur que tes amis t'y presentent. Alors comme je disais, a part prendre beaucoup de son temps et trouver un club qui nous plait, y a pas ou peu de solution.

Bon, j'ai un contact danse la, a suivre.

Dr. va falloir se calmer la.

Nae-chan a dit…

Jana les mamans j'ai essaye, mais rien a faire, elles se connaissent deja , elles parlent que Japonais et aucune envie d'essayer de discuter avec moi.
J'ai essaye pendant un an, maintenant, j'ai lache l'affaire et d'ailleurs maintenant que l'ancienne classe de Sumire a ete repartie sur 2 classes, celles qui ont plus leur enfant avec la mienne, me regarde meme plus.
o________0, je suis plus ds leur groupe/classe, j'existe plus.

Ca m'a grave choque,mais tant pis.

Je suis un cas desesperee, vais rester avec la team de eisa, au moins on me parle et on se bourre la gueule a l'awamori, vive Okinawa.